vendredi 26 juin 2009
Extrait de l'intervention de Jean Lissar, élu Vert, Vice-président du Conseil régional, à la plénière du 25 juin 2009
... Un problème majeur se pose pour un de ces terrains, celui qui a abrité les activités de la société Fertiladour. Pendant 19 ans, de 1973 à 1991, cette société a exploité sur ce site une unité de broyage de minéraux naturels, notamment de la monazite, un minerai radioactif contenant du Thorium et de l’uranium. Au total, ce sont près de 50 000 tonnes de monazite qui ont été traitées sur ce site.
Cette exploitation a eu lieu dans des conditions calamiteuses tant qu’environnementales que sanitaires et ce, avec la complaisance des services de l’État chargés de son contrôle, qui n’ont jamais vraiment cherché à faire respecter les prescriptions de l’arrêté préfectoral d’autorisation.
Ainsi par exemple, l’activité de broyage dégageait des poussières radioactives dans l’atmosphère et a contaminé les riverains de cette installation. Quant aux salariés de l’entreprise, leur équipement de protection était dérisoire et aucun suivi médical n’était pratiqué. D’après le CADE, le collectif local d’associations de défense de l’environnement, ce sont près de 40 % des salariés qui seraient atteints par un cancer.
Il s’agit là d’un scandale qu’on peut comparer à celui de l’amiante. Devant la carence de l’administration, ce sont des citoyens et des associations qui ont dû révéler ce scandale en 1997, en réalisant des relevés de mesures de radioactivité sur le site. Et c’est par le battage médiatique que la DRIRE a été contrainte de s’intéresser enfin à cette installation.
Un diagnostic a alors été réalisé qui a amené à une première dépollution du site en 2001-2002. Cette dépollution a consisté à décaisser plusieurs milliers de m3 de terre qui ont été stockés dans des big-bag dont la plus grande partie est restée entreposée dans un hangar du site ! D’après la DRIRE, cette dépollution aurait abaissé le niveau de radioactivité en dessous du seuil admissible.
Or, en 2008, après de nouvelles investigations des associations sur ce terrain, il s’avère qu’il en est rien. Elles constatent qu’il existe toujours des zones où le taux de radioactivité est le double ou triple voire quintuple du seuil admissible et une nouvelle fois les associations interpellent la DRIRE et dénoncent médiatiquement la soi-disante dépollution du site qui n’est, à leurs yeux, qu’un leurre.
De ce fait, les associations ont mis en doute la cohérence de l’étude ayant cartographié la radioactivité sur le site lors de la première dépollution du site en 2001-2002. Une deuxième étude réalisée en janvier 2009 confirme les mesures des associations. Il y a donc bien sur ce terrain un niveau de radioactivité dépassant les limites autorisées.
C’est alors que les associations ont eu la surprise de constater que peu de temps après, des bulldozers ont été dépêchés sur le site pour racler de la terre, puis le sol a été recouvert d’une épaisseur de cailloux concassés. Ces travaux ont été faits illégalement par l’exploitant, en dehors de toute autorisation préfectorale et sans qu’à aucun moment la DRIRE ne dresse procès verbal de ces infractions.
Cette manière de faire est des plus détestables. Elle consiste à vouloir cacher la radioactivité sous le tapis. Mais personne ne peut être dupe d’une telle manipulation. Nous sommes donc confrontés à un problème environnemental et sanitaire majeur sur ce terrain.
Dès lors, vous comprendrez que le Conseil régional d’Aquitaine ne peut ignorer ce problème ou le minimiser. Il en va de sa crédibilité et de son sens des responsabilités.
Il doit exiger que toutes les garanties environnementales et sanitaires soient réunies avant de contribuer financièrement à l’acquisition de ce terrain par le Port de Bayonne.
A cette fin, nous nous félicitons que la délibération qui nous est soumise aujourd’hu,i intègre en annexe, la proposition du groupe des Verts de faire procéder à une expertise de l’état du site par un organisme indépendant. La CRIIRAD, qui est un organisme agréé dans ce domaine, possède une expérience certaine et des compétences unanimement reconnues qui nous seront très utiles.
Cette expertise devra permettre de lever les doutes sur l’état exact des niveaux de radioactivité sur le terrain mais aussi de donner les préconisations afin d’assurer réellement une dépollution de ce site. Dépollution qui doit rester à la charge de la société propriété de ce terrain et à elle seule. Ce n’est pas aux Aquitains de payer la note mais aux responsables de ce scandale, comme l’exige le principe du pollueur-payeur.
A ce sujet, le groupe des Verts entend dénoncer l’attitude de cette société, qui loin d’assumer ses responsabilités, tente au contraire de tout faire pour se dérober à ses obligations mais aussi pour essayer de tirer un profit éhonté de la vente de ce terrain. C’est proprement choquant et scandaleux. Il y a en effet de la spéculation financière sur ces terrains que le Port veut acquérir. C’est intolérable et ce d’autant plus, comme nous l’avons rappelé précédemment, que les salariés de cette entreprise ont déjà payé un lourd tribut au prix de leur santé et, pour beaucoup, au prix de leur vie.
N’ajoutons pas un deuxième scandale au premier ! Nous demandons que tout l’arsenal réglementaire et juridique soit mobilisé pour faire respecter le principe du pollueur-payeur et que le Conseil régional ne cède pas aux sirènes spéculatives. Ne permettons pas à une société, dont la responsabilité est écrasante, de sortir par le haut de cette situation en se lavant les mains du passé tout en empochant une somme rondelette.
Par respect envers la mémoire des victimes de ce scandale, mais aussi pour éviter dans le futur qu’il ne se reproduise pour le personnel qui aura à travailler sur ce site, le Conseil régional d’Aquitaine doit faire preuve d’une détermination sans faille et persuader son concessionnaire, la CCI de Bayonne, de faire de même, afin de préserver au mieux l’intérêt général.
Cette exploitation a eu lieu dans des conditions calamiteuses tant qu’environnementales que sanitaires et ce, avec la complaisance des services de l’État chargés de son contrôle, qui n’ont jamais vraiment cherché à faire respecter les prescriptions de l’arrêté préfectoral d’autorisation.
Ainsi par exemple, l’activité de broyage dégageait des poussières radioactives dans l’atmosphère et a contaminé les riverains de cette installation. Quant aux salariés de l’entreprise, leur équipement de protection était dérisoire et aucun suivi médical n’était pratiqué. D’après le CADE, le collectif local d’associations de défense de l’environnement, ce sont près de 40 % des salariés qui seraient atteints par un cancer.
Il s’agit là d’un scandale qu’on peut comparer à celui de l’amiante. Devant la carence de l’administration, ce sont des citoyens et des associations qui ont dû révéler ce scandale en 1997, en réalisant des relevés de mesures de radioactivité sur le site. Et c’est par le battage médiatique que la DRIRE a été contrainte de s’intéresser enfin à cette installation.
Un diagnostic a alors été réalisé qui a amené à une première dépollution du site en 2001-2002. Cette dépollution a consisté à décaisser plusieurs milliers de m3 de terre qui ont été stockés dans des big-bag dont la plus grande partie est restée entreposée dans un hangar du site ! D’après la DRIRE, cette dépollution aurait abaissé le niveau de radioactivité en dessous du seuil admissible.
Or, en 2008, après de nouvelles investigations des associations sur ce terrain, il s’avère qu’il en est rien. Elles constatent qu’il existe toujours des zones où le taux de radioactivité est le double ou triple voire quintuple du seuil admissible et une nouvelle fois les associations interpellent la DRIRE et dénoncent médiatiquement la soi-disante dépollution du site qui n’est, à leurs yeux, qu’un leurre.
De ce fait, les associations ont mis en doute la cohérence de l’étude ayant cartographié la radioactivité sur le site lors de la première dépollution du site en 2001-2002. Une deuxième étude réalisée en janvier 2009 confirme les mesures des associations. Il y a donc bien sur ce terrain un niveau de radioactivité dépassant les limites autorisées.
C’est alors que les associations ont eu la surprise de constater que peu de temps après, des bulldozers ont été dépêchés sur le site pour racler de la terre, puis le sol a été recouvert d’une épaisseur de cailloux concassés. Ces travaux ont été faits illégalement par l’exploitant, en dehors de toute autorisation préfectorale et sans qu’à aucun moment la DRIRE ne dresse procès verbal de ces infractions.
Cette manière de faire est des plus détestables. Elle consiste à vouloir cacher la radioactivité sous le tapis. Mais personne ne peut être dupe d’une telle manipulation. Nous sommes donc confrontés à un problème environnemental et sanitaire majeur sur ce terrain.
Dès lors, vous comprendrez que le Conseil régional d’Aquitaine ne peut ignorer ce problème ou le minimiser. Il en va de sa crédibilité et de son sens des responsabilités.
Il doit exiger que toutes les garanties environnementales et sanitaires soient réunies avant de contribuer financièrement à l’acquisition de ce terrain par le Port de Bayonne.
A cette fin, nous nous félicitons que la délibération qui nous est soumise aujourd’hu,i intègre en annexe, la proposition du groupe des Verts de faire procéder à une expertise de l’état du site par un organisme indépendant. La CRIIRAD, qui est un organisme agréé dans ce domaine, possède une expérience certaine et des compétences unanimement reconnues qui nous seront très utiles.
Cette expertise devra permettre de lever les doutes sur l’état exact des niveaux de radioactivité sur le terrain mais aussi de donner les préconisations afin d’assurer réellement une dépollution de ce site. Dépollution qui doit rester à la charge de la société propriété de ce terrain et à elle seule. Ce n’est pas aux Aquitains de payer la note mais aux responsables de ce scandale, comme l’exige le principe du pollueur-payeur.
A ce sujet, le groupe des Verts entend dénoncer l’attitude de cette société, qui loin d’assumer ses responsabilités, tente au contraire de tout faire pour se dérober à ses obligations mais aussi pour essayer de tirer un profit éhonté de la vente de ce terrain. C’est proprement choquant et scandaleux. Il y a en effet de la spéculation financière sur ces terrains que le Port veut acquérir. C’est intolérable et ce d’autant plus, comme nous l’avons rappelé précédemment, que les salariés de cette entreprise ont déjà payé un lourd tribut au prix de leur santé et, pour beaucoup, au prix de leur vie.
N’ajoutons pas un deuxième scandale au premier ! Nous demandons que tout l’arsenal réglementaire et juridique soit mobilisé pour faire respecter le principe du pollueur-payeur et que le Conseil régional ne cède pas aux sirènes spéculatives. Ne permettons pas à une société, dont la responsabilité est écrasante, de sortir par le haut de cette situation en se lavant les mains du passé tout en empochant une somme rondelette.
Par respect envers la mémoire des victimes de ce scandale, mais aussi pour éviter dans le futur qu’il ne se reproduise pour le personnel qui aura à travailler sur ce site, le Conseil régional d’Aquitaine doit faire preuve d’une détermination sans faille et persuader son concessionnaire, la CCI de Bayonne, de faire de même, afin de préserver au mieux l’intérêt général.
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