mercredi 15 juillet 2009
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blog animé par Jean Yves Deyris
Ramuntxo Garbisu - 09/11/2010 | eitb.com |
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La réalité historique de la contamination radioactive de l'ancienne usine Fertiladour du Boucau (Port de Bayonne) ne se trouve pas cernée dans les documents officiels de cessation de son activité, répétons-le une fois encore, mais peut parfois trouver sa source dans un étonnant document de la Commission de l'Energie Atomique de l'armée américaine, datée du 4 juin 1974.
A cette date, cette officine du Congrès américain se débarrassait officiellement de 1.500 tonnes de monazite, naturellement riche en thorium, après que ce minerai à radioactivité naturelle ait contaminé une partie de l'usine d'armements de Ravenna, dans l'Ohio, spécialisée dans la fabrication de missiles sol-sol après la seconde guerre mondiale.
Son client, mentionné dans le dossier "Destruction of strategic and critical material", s'avère être l'usine de Fertiladour, qui, à cette période, vient tout juste de commencer ses années de broyage de la monazite (de 1973 à 1992).
Plonger dans les détails de cette fourniture permet de mieux comprendre la logique d'un industriel qui ne s'est jamais embarrassé de préserver l'environnement ou les salariés de son usine face à son seul désir d'enrichissement.
Encore aujourd'hui, la virulence radioactive constatée des terres contaminées interroge les scientifiques de l'ACRO, intervenus en juillet 2010 sur le site pour une contre-étude particulièrement contradictoire avec les affirmations officielles, et qualifiée "d'accablante" par les élus d'Europe-Ecologie qui en ont dévoilé les grandes lignes le 3 novembre dernier.
L'examen d'un lot particulier de minerai originel, non traité et trouvé sur le site en 1992 , est encore plus problématique : pour l'ACRO, il n'est pas simple d'écarter l'hypothèse d'une forme particulière d'uranium, en l'occurrence de l'uranium appauvri, utilisé par les militaires pour des armes non conventionnelles.
La contre-étude du laboratoire indépendant de l'ACRO, demandée par la Région Aquitaine, des terrains de l'ancienne usine Fertiladourde Boucau, dans la zone portuaire de Bayonne (Pays Basque nord), a apporté son lot de constats alarmants sur l'étendue de sa pollution radioactive, qui ne sont des surprises que pour ceux qui l'ont niée par principe.
Depuis 1997, et l'alerte publique donnée par le CADE, la contamination de cette unité de broyage de monazite riche en thorium de la société Agriva était qualifiée jusqu'à peu traitée en termes de "traces de radioactivités naturelles", une figure de rhétorique qui n'a plus cours désormais.
Réalisée à l'été 2010, la contre-étude aura eu pour effet immédiat de stopper l'opération d'acquisition par la Région de ses terrains "bord à quai" de l'espace industrialo-portuaire de l'Adour.
C'est avec une certaine constance que la rédaction d'eitb.com a choisi de relayer les alertes lancées par les associations locales, dans la mesure où nous avons pu constater in situ leur véracité.
L'enchaînement des diverses indulgences dont a bénéficié l'industriel pour arriver à la finalisation d'un dossier de cessation d'activités a fait intervenir un grand nombre d'intervenants, qu'ils soient fonctionnaires de l'Etat ou agents assermentés de la Région.
L'existence d'un "cabinet noir" nous a semblé la formule la plus juste pour qualifier un état d'esprit général qui a accordé plus d'attention aux affirmations de la direction de Fertiladour qu'à celles des collectifs de défense de l'environnement.
Dans le concert de récriminations qui s'en est suivi, la Région Aquitaine a choisi pour l'instant de réfuter un quelconque travail souterrain.
Nos lecteurs trouveront dans ce sommaire régulièrement réactualisé de quoi se forger leurs propres opinions.
7 septembre 2010 : ''La vérité sur Fertiladour, autant ensevelie que sa radioactivité''
7 septembre 2010 : L'Aquitaine n'achètera pas Fertiladour, et reprend le dossier à zéro
13 septembre 2010 : Boucau : le PS fait siennes les questions sans réponses sur Fertiladour
15 septembre 2010 : La Préfecture dénonce une polémique ''outrancière et inacceptable''
17 septembre 2010 : La ligne de défense de Fertiladour est ébranlée par la contre-étude
27 septembre 2010 : Port de Bayonne : la CCI fustige la ''mode'' des études indépendantes
6 octobre 2010 : Fertiladour : le Canard Enchainé n'y passera pas ses vacances
3 novembre 2010 : Fertiladour : Europe Ecologie dévoile une contre-étude accablante
4 novembre 2010 : Fertiladour signe l'échec d'un ''cabinet noir'' de la Région Aquitaine
6 novembre 2010 : Fertiladour : l'Aquitaine réfute la notion de "cabinet noir"
Masquages, collusions pour protéger l'industriel de la règle "pollueur-payeur" : un scandale local qui en dit long sur les grandes "paresses" qui entourent la question environnementale. Alain Rousset, président du Conseil Régional, sous la pression des élus Europe Ecologie, semble avoir compris les manipulations souterraines de cette affaire qui empoisonne la vie locale.
Il serait juste que les salariés contaminés et grièvement malades soient enfin reconnus comme victimes d'une industrie sans foi ni loi et des collusions des responsables industriels et administratifs.
Voir l'article d'Eitb qui suit :
Fertiladour signe l'échec d'un ''cabinet n....Nous ne saurions trop lui conseiller de louer un marteau-piqueur pour fendre avec ardeur le sarcophage de scories qui recouvre les 11.000 mètres cube de terres contaminées.
Et de se pencher, un peu, pas trop tout même...
Comme annoncé la semaine passée, c'est donc sur Internet, que cette auto-production est visible librement, découpée en 7 chapitres. Sa version intégrale devrait bientôt être téléchargeable gratuitement, annonce le site de Yallah Yallah Productions.
Sommaire des chapitres
INTRODUCTION, ET PRESENTATION OFFICIELLE (1/7) - 9mn50
De la Délégation Régionale du Port de Bayonne ("A ma connaissance, les cas de pollution sont très rares") aux avis des usagers industriels ("Vous allez trouver, oui, quelques traces de métaux lourds, mais qui sont dans la norme !"), le Port de Bayonne serait donc suffisamment décrit par le volume de son trafic maritime, ses emplois, etc...
LA TERRE - FERTILADOUR (2/7) - 11mn30
Une rencontre avec le Collectif d'Associations de Défense de l'Environnement (CADE) permet d'exhumer cette pollution radioactive - officielle depuis 1997 - des 7 hectares de Fertiladour : les négations de l'industriel et le peu de vigilance de la Ville du Boucau contrastent fortement avec ce que le site renferme encore (ou éloigne, discrètement).
L'AIR - ACIERIE DE L'ATLANTIQUE (3/7) - 8mn30
Les premiers échanges avec le Directeur de l'aciérie ADA constrastent avec la "mémoire" des rejets en métaux lourds tels que rapportés par le collectif ZIPADOUR. Il ne les niera pas, et ne tente même pas de les minimiser au final, ce qui n'est pas le cas du discours "rassurant" du Maire de la commune (Tarnos). Un ouvrier d'ADA témoigne lui aussi des "progrès" qu'il reste à accomplir pour ceux qui y travaillent, par exemple...
MAQUILLAGE DES TERRES DE FERTILADOUR (4/7) - 4mn40
La publication sur eitb.com et dans le Journal du Pays Basque de l'existence encore en 2009 de ces terres contaminées de Fertiladour accentuent "le désir" de l'industriel de le masquer, à grands coups de bulldozers et de rouleaux-compresseurs. Une viste sur le site du CADE permet de constater que ces efforts ne sont pas suffisants.
De son côté, l'organisme public de contrôle de la DRIRE, confrontée à ces images, confiera qu'elle n'a "rien à déclarer"...
Depuis 2000 pourtant, un arrêté préfectoral interdit le moindre mouvement de terres sur ce site...
TEMOIGNAGES D'ANCIENS SALARIES DE FERTILADOUR (5/7) - 6mn40
Ultime contradiction avec les propos "minimalistes" de la direction de Fertiladour : entretien avec deux anciens salariés de l'usine, qui décrivent l'absence de protection pour les salariés, les procédures pour tenter de masquer la radioactivité, voire de la dissimuler, alors que cette "diversification de la production" s'est effectuée de 1973 à 1992.
"A l'époque, on nous disait qu'il ne fallait pas s'inquiéter", pestent-ils.
Atteints de silicose et reconnus en tant que victimes de maladie professionnelle, la notion de radioactivité des matières qu'ils ont manipulées n'a jamais été reconnue par l'industriel, malgré son officalisation en 1997.
PROJET D'ACHAT DE FERTILADOUR PAR LE
CONSEIL REGIONAL D'AQUITAINE (6/7) - 4mn30
Le 26 juin 2009, le Conseil Régional d'Aquitaine, propriétaire du Port, vote le principe d'une enveloppe de 6 millions d'euros pour le rachat des 7 hectares de Fertiladour.
Les Verts défendent l'inscription d'une expertise indépendante pour connaitre la nature réelle des sols de l'usine du Boucau, et l'application stricte du principe "pollueur-payeur".
Iils dénonceront "la complaisance de l'Etat" pour "un scandale comparable à celui de l'amiante".
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