lundi 8 mars 2010
Intervention de Michel Botella, au nom de l’Association des habitants du quartier St Bernard
Libellé(s) :
EUROPE ECOLOGIE AQUITAINE
lors de la présentation par la municipalité de Bayonne du lancement de l’aménagement de l’écoquartier du Séqué au nord est de la ville, le lundi 8 février 2010 à la Maison des Associations.
« Si l’on enregistre des points importants et novateurs pour ce futur chantier, dont celui de la gestion des déchets DU chantier, dont la (ou les) benne(s) à déchets, sans aucun tri préalable, reflète en général l’ambiance du chantier, plus la panoplie des objectifs écologiques : bâtiments basse consommation énergétique, du logement social et de l’accession à la propriété aidés (2500 €/m2), aménagement doux des espaces de vie, équipement social et commercial, tri des déchets domestiques…nous observons un point manquant à laquelle nous attachons la plus grande et la plus stratégique importance, celui de la place des travailleurs du bâtiment et surtout de leurs conditions de travail.
Si l’on observe les permis de construire délivrés par la municipalité, aux promoteurs immobiliers Bouygues, Sagec, Aldaï, Amodia…pour répondre au besoin de logements et plus particulièrement sur notre quartier St Bernard, le long du Chemin de Laharie, où plusieurs centaines d’appartements résidentiels sont en cours de livraison et de construction opérant par ces travaux et arrivées de population nouvelle un bouleversement absolu du quartier, la situation des travailleurs du bâtiment sur ces chantiers affichent un tableau d’indignité de l’homme au travail inacceptable.
Sur un chantier se sont succédés des travailleurs étrangers Moldave, Ukrainien, Roumains, Turcs et en dernière fournée des Portugais.
Quelles étaient, quelles sont déjà les conditions de séjour réglementaires de ces travailleurs ?
Très souvent sans équipements de sécurité, ni gants, ni lunettes de protection, pas de bleu de travail, pas de casque…
Quand aux barrières de sécurité surtout pour le travail en hauteur, c’est plutôt de l’aléatoire.
Nous ne savons pas par contre s’il y a eu accidents déclarés ou pas.
Mais cette situation malsaine du travail dans le bâtiment, que nous avons déjà évoqué en Conseil de Développement du Pays Basque, en Sous Préfecture dans l’atelier du programme régional santé/environnement, ces derniers mois, engendre une série de points totalement négative et coûteuse pour la société.
Certes ces mauvaises conditions de travail attestent déjà d’une exploitation abominable de ces travailleurs qui ne peuvent prétendre, de par leur situation de soumission à une quelconque démarche qualitative et promotionnelle de leur parcours professionnel.
Il en découle qu’à mauvaise conditions de travail = mauvais travail rendu qui débouchent sur les malfaçons trop facilement géré par le discours de certains vendeurs : l’assurance décennale jouera !
Mais même, si l’assurance des dommages et vices cachés joue, c’est un empoisonnement de la vie des accédants au logement, avec très souvent des coûts supplémentaires induits qui en résultent. C’est insupportable dans certaines situations.
De plus et ce n’est pas le moindre des effets négatifs pour le bâtiment, que cette pratique de conditions de travail inacceptables, pour bien évidemment plus de profits immédiats sur le dos et les épaules de ces travailleurs, qui engendre une concurrence totalement déloyale vis-à-vis des entreprises qui font l’effort de la formation, de la sécurité, de la considération des travailleurs, source avérée de rentabilité durable dont tout le monde profite : travailleurs, entreprises et acquéreurs.
Aussi, sans obérer le droit régalien de l’Etat au travers de l’Inspection du travail et des services de prévention de la Sécurité Sociale et de la profession, il conviendrait que la (et les) municipalités, dès lors qu’elles instruisent et délivrent les permis de construire attirent l’attention des promoteurs sur l’exigence du respect du Code du Travail dans le bâtiment et que les municipalités suivent cela en liaison avec les associations de quartier.
Ce ne peut qu’être au bénéfice de tous, merci ».
Michel Botella
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